Mecelec s’inscrit résolument dans la catégorie des petites entreprises authentiquement industrielles. Installée depuis 1934 au sud de Lyon, elle doit être analysée comme un savoir faire industriel déployé auprès d’un nombre limité de donneurs d’ordres. Le cœur de métier est le savoir faire en matière de plastiques composites (dont la forme de la pièce est définitive après échauffement) dont le principal usage est celui de la fabrication de coffrets d’arrivée de services publics au domicile du particulier : principalement électricité mais aussi gaz, eau et telecom. Ces boitiers, normalisés, constituent un peu la frontière entre la partie publique d’un réseau et la partie domestique. Ils sont visibles de tous les habitants en maison individuelle. Cette activité vers les fournisseurs de réseaux (qualifiée de « réseaux ») est stable. Elle constituait jusqu’en 2012 une ligne de fonds pour environ 70% de l’activité du groupe. Suite à l’acquisition de Sotira 73 en 2012 l’activité "industrie" est montée en puissance et sa part dans le chiffre d'affaires devrait s'équilibrer autour de 50% en 2013. Sa profitabilité est un équilibre à trouver entre des appels d’offre tri annuels imposants des prix serrés et une constante optimisation de l’outil industriel. L’activité comprend outre la fabrication des coffrets une dimension de pré-assemblage de composants extérieurs soit un montage pour compte de tiers. Mecelec est un gros acteur de ce petit métier et devrait donc être assuré d’une bonne régularité de cette activité. Les facteurs externes de variation de la demande intègrent la demande pour l’habitat individuel neuf, les efforts de rénovation d’EDF, l’émergence de l’énergie photovoltaïque (coffret électrique séparé)
L’histoire de Mecelec est naturellement riche en initiatives, acquisitions et cessions. Ses autres métiers comprennent l’application du savoir faire « thermodurcissables » vers des clients « non réseaux » qualifiés d’industriels et d’un savoir faire d’injection plastique pour des commandes là encore de donneurs d’ordres industriels. L’ensemble est qualifié de segment industriel par opposition aux clients « réseaux ». Ces clients supposent un effort commercial mais aussi une capacité d’accompagnement sur des petites séries (ex des pièces pour automobiles de petite série). Mécelec est outillée pour assister ses clients en tant que partenaire industriel mais pour l’essentiel reste dans une position de fournisseur de second rang. Les marchés sont nombreux mais supposent un investissement commercial accru pour se faire connaitre. 2012 est une année d’investissement dans une structure commerciale plus ambitieuse qui permettra de capter un grand nombre de petits marchés.
Le modèle économique se complète d’une capacité de montée en valeur ajoutée, comme la phase de design, qui pourra sans doute s’exprimer ultérieurement ainsi que d’une volonté de consolidation d’unités industrielles similaires de façon à non seulement récupérer des chiffres d’affaires semi captifs mais aussi d’en tirer les bénéfices des effets de taille. Pour ce faire, Mecelec accepte l’inconvénient d’un grand nombre de petits sites industriels tous néanmoins à moins de 2 heures de route.
Mécelec se présente donc comme un industriel avec des clients « réseaux » certains mais à maturité et des clients industriels sans doute nombreux mais qu’il faut aller chercher. C’est là que se situe la promesse de modeste croissance en chiffre d’affaires. Il convient de tabler sur 2% à long terme après un 3-4% à court terme, hormis l’acquisition de Sotira 73 en 2012 qui a apporté un chiffre d’affaire complémentaire d’environ 10M€.